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Par Jessica Monduc

 La société Manulatex France, créée en 1979 et implantée dans le Maine et Loire, a pour business model de fabriquer des tabliers en latex pour les bouchers et les ostréiculteurs. Sept ans plus tard, en 1986 elle change de modèle économique pour se lancer dans la confection de vêtements de protection professionnels en cotte de mailles et en plaquettes en inox (tabliers, gants), mais également contre les armes blanches (associés ou non à des gilets pare-balles) et contre les animaux marins.

Tablier cotte de maille

Tablier en cotte de maille

            Le Labo Design, co-créé en 2006 par le designer Hervé Langlais, est une société française d’édition de mobilier et de luminaires se fournissant en panneaux inox chez Manulatex. C’est à la suite de ce partenariat, en 2007, que Philippe JAUNAULT, directeur général de Manulatex, décide de changer de stratégie marketing en intégrant le Labo Design à Manulatex. Pour ce nouveau changement de business model, cette fois plus radical, l’entreprise a pu s’appuyer sur ses nombreuses forces.  En effet, elle possède des machines de pointe créées par les soins d’un de ses départements pour répondre parfaitement aux exigences de ses produits. C’est notamment pour cette raison que ce changement de modèle économique n’a nécessité que peu de modifications techniques et un faible coût d’investissement. De plus, l’entreprise possède un certain savoir-faire dans le domaine du luxe grâce à sa collaboration aux défilés de Paco Rabanne depuis les années 1990.  Manulatex prend néanmoins le risque de perdre son cœur de métier au profit du Labo Design. Un risque qui vaut la peine d’être pris car les opportunités s’offrant à elle sont nombreuses. En effet, il n’existe pas d’autres entreprises sur le marché du luxe qui utilise la cotte de maille et des plaquettes en inox, un savoir-faire recherché dans ce milieu, notamment grâce aux défilés de haute couture de Paco Rabanne. De plus, le luxe est un marché sûr qui fait partie des secteurs les moins touchés par la crise. Cette diversification était tout de même assez risquée car, Philippe JAUNAULT le dit lui-même, « c’est un univers dans lequel il est difficile de s’imposer et où se faire un nom prend du temps ».

Lampe Miss

Lampe Miss

En intégrant le Labo Design, Manulatex s’est tourné vers un marché à forte valeur ajoutée qu’est la décoration de luxe. Cette diversification lui a permis d’augmenter son chiffre d’affaire, en effet le Labo Design est passé d’un chiffre d’affaires de 4 280 000€ en 2006 à 4 950 000€ en 2007 soit une augmentation de 15,65%. Aujourd’hui, le Labo Design a réussi à se faire un nom dans le monde du luxe, notamment en travaillant avec des architectes d’intérieur pour l’aménagement d’hôtels et de villas de luxe, comme par exemple le rideau de décoration métallique installé dans le salon VIP de l’aéroport d’Abou Dhabi. La commercialisation de sa gamme d’objets décoratifs dans des boutiques de décoration haut de gamme et des boutiques de design a également contribué à sa notoriété. Notoriété confirmée en 2011 par l’intégration  à la gamme des objets signés par les grands noms du design. La même année, le Labo Design réalise un  chiffre d’affaires de 5 550 400€.

Rideau salon VIP, aéroport d'Abu Dhabi

Rideau salon VIP, aéroport d’Abou Dhabi

Sources :

http://www.manulatex.fr

http://www.lelabo-design.com

http://trophees-innovation.paysdelaloire.fr/laureats-2009-2011/laureats-2010/manulatex–6541.kjsp

http://www.societe.com/bilan/manulatex-france/332107036200712311.html

Ouest France (12 décembre 2003, 20 novembre 2011, 3 Juillet 2012)

Le Figaro 16 décembre 2002

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